Les Fraternités laïques dominicaines : témoignage de Ségolène
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1§ Le présent article est la retranscription de l’intervention orale de Ségolène sur son appartenance aux Fraternités laïques dominicaines. Ségolène a donné son témoignage dans le cadre de la présentation de ce mouvement apostolique laïque au couvent Saint-Thomas d’Aquin à Lille (France) le samedi 26 avril 2025.
2§ La retranscription a été modifiée pour être plus proche du style écrit. La vidéo de son témoignage est disponible ici – elle dure environ neuf minutes.
Table des matières
- Pourquoi et pour quoi je suis arrivée dans les Fraternités laïques dominicaines ?
- Qu’est-ce que j’y trouve ?
- Pourquoi j’y reste ?
- Comment dans ma vie de tous les jours je concrétise cet appel ?
- Est-ce que je conseillerais à un ami de rejoindre les Fraternités laïques dominicaines ?
3§ On m’a demandé de partager, de faire un petit témoignage, donc je suis engagée, ce qu’on appelle engagée temporaire. Je me suis engagée dans une Fraternité laïque dominicaine le 20 janvier 2024, c’est encore tout récent.
4§ Et donc, pour préparer ce petit témoignage, il y avait quelques questions qui m’étaient proposées.
Pourquoi et pour quoi je suis arrivée dans les Fraternités laïques dominicaines ?
5§ J’ai rejoint les Fraternités laïques dominicaines à un moment de ma vie où j’étais en quête d’un ancrage spirituel plus profond, d’un lieu où je pouvais vivre et nourrir ma foi, un lieu où à la fois ma foi, ma réflexion, mon engagement pouvaient dialoguer. Et j’avais besoin de trouver, de retrouver une communauté où la parole de Dieu est partagée, creusée, questionnée, priée, transmise.
6§ La parole de Dieu a toujours été quelque chose de très important dans ma vie. Et j’ai toujours aussi été touchée par la richesse intellectuelle et spirituelle de la tradition dominicaine, mais aussi par la simplicité fraternelle de ceux que j’ai rencontrés. Je me sens en famille, dans la famille dominicaine.
7§ Pour situer aussi un petit peu, je suis actuellement à l’Arche. Cette année, j’ai fêté mes 20 ans à l’Arche. Je travaille à l’Arche de Trosly-Breuil dans l’Oise, entre Compiègne et Soissons. Et quand je suis arrivée à l’Arche, il y avait la présence de la vie spirituelle qui était très naturelle. C’était intégré dans la vie quotidienne de manière très simple.
8§ Maintenant, ça l’est beaucoup moins. Et du coup, j’ai senti que je ne trouvais plus à l’Arche cette nourriture spirituelle. Et c’est pour ça que je suis notamment venue frapper à la porte des dominicains.
9§ La foi, quand on est croyant, elle a besoin d’être nourrie, d’être transmise. Et je me suis dit que j’ai besoin d’être avec d’autres pour vivre ma foi.
Qu’est-ce que j’y trouve ?
10§ J’y trouve vraiment un espace de respiration dans le rythme parfois effréné de ma vie. Je continue mon engagement à l’Arche. En famille, il y a pas mal de choses qui se jouent aussi. Je me sens assez engagée aussi dans mon village. C’est une vie un petit peu dynamique, comme beaucoup d’entre nous en France. J’ai besoin de retrouver la respiration.
11§ C’est un lieu où la parole de Dieu est méditée avec exigence, mais aussi liberté. J’ai besoin de ces deux notions-là. Je me dis que je n’ai pas envie d’être dans un endroit où les choses sont trop faciles. Quand on travaille l’étude, quand on choisit des livres, c’est des livres parfois un peu costauds. Ça me fait du bien.
12§ J’y trouve aussi une fraternité réelle, faite d’écoute, de soutien, de discussion. Toujours habitée par la recherche de la vérité. Et puis à la joie simple de se retrouver, de partager une lecture, une prière, un conseil, une question, un souci. Je sais que je peux confier mes soucis dans ma fraternité. Qu’ils prient pour moi et que moi aussi je prie pour eux. On se soutient beaucoup par la prière.
Pourquoi j’y reste ?
13§ Vous comprenez que tout ça fait que j’ai envie d’y rester. Parce que cette fraternité, elle me façonne. Elle m’aide à tenir ensemble ces dimensions spirituelles, intellectuelles et apostoliques de ma foi. J’y reste parce que je souhaite que ma foi puisse s’incarner dans une parole publique. Parce que partager ce qu’on a à contempler, ça nécessite quand même d’avoir un peu de base un peu solide.
14§ Et je sens que ça se construit aussi en fraternité. Dans un engagement au service des autres, que je retrouve aussi à l’Arche, dans une fidélité à l’Évangile éclairée par la raison.
15§ Et parce qu’en fraternité, je suis appelée à grandir avec d’autres dans des relations fraternelles exigeantes et bienveillantes.
Comment dans ma vie de tous les jours je concrétise cet appel ?
16§ J’ai le petit pin ‘s là, qui me le rappelle. Je le porte tous les jours. Il est mis sur moi de manière un petit peu discrète. Je le porte comme ça, discrètement. Si on me pose la question, je réponds. Mais à moi aussi, il me rappelle que je le suis.
17§ La lecture, la prière, la participation à la liturgie, qui prennent une place importante dans ma vie. Mais c’est aussi dans les petits gestes de la vie quotidienne que je cherche à incarner mon engagement dans la fraternité laïque dominicaine. Ma vie professionnelle et mon implication plus large s’en trouvent nourries et soutenues.
Est-ce que je conseillerais à un ami de rejoindre les Fraternités laïques dominicaines ?
18§ Je l’inviterais surtout à venir voir, à goûter ce qui s’y vit, à découvrir la richesse de cette tradition, où l’on apprend à chercher Dieu ensemble par l’étude, la prière, la vie fraternelle et l’engagement dans le monde. C’est une aventure intérieure et communautaire, humble mais exigeante, qui peut vraiment transformer une vie.
19§ Je ressens vraiment cet engagement comme ce qui est marqué dans la règle. Certains laïcs, poussés par l’Esprit Saint, à vivre selon l’esprit et le charisme de saint Dominique. Quand je vois l’histoire de saint Dominique, j’ai envie de faire comme lui.
20§ J’ai noté deux phrases de la parole de Dieu qui m’habitaient en faisant part de ce témoignage. « J’ai désiré d’un grand désir » Je sens ce grand désir en moi, ce n’est pas toujours très clair de quoi, mais je sens que je peux l’incarner aussi dans cet engagement à la fraternité laïque dominicaine. Et aussi le texte des disciples d’Emmaüs, qui m’habite souvent. « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ?"
Annexe
Les Fraternités laïques dominicaines dans la famille dominicaine
Les laïcs dominicains partagent le charisme de saint Dominique avec l’ensemble des branches de la famille dominicaine : frères, moniales, laïcs, sœurs apostoliques, instituts séculiers et sacerdotaux.
Ce charisme se construit autour de 3 piliers : prière, étude, vie fraternelle, qui constituent les fondations de leur engagement spirituel et apostolique à la suite du Christ à la manière de leur père fondateur saint Dominique en vue de la prédication.
Compagnons dans la prédication, les laïcs dominicains partagent pleinement et en complémentarité, la mission de l’Ordre. Dans la diversité de leurs engagements dans l’Église et dans la société, ils sont appelés à être une Parole vivante dans leur milieu de vie.
Le laïc dominicain prononce un premier engagement de trois années renouvelables une fois, puis, s’il le demande, un engagement définitif.
Témoignage : Ségolène le samedi 26 avril 2025
Prise de son et transcription : frère Franck Guyen op, juillet 2025
