Japon 2023 : le carnet de voyage en vidéo
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Je suis retourné au Japon cette année 2023 après quatre ans d’absence.
J’ai tenu un carnet de voyage écrit sous forme vidéo, visionnable ici.
- 1 – Arrivée au Japon
- 2 – La procession des divinités shintô du quartier
- 3 – Du Pavillon d’argent au Chemin des philosophes
- 4 – Visite du sanctuaire shintô n°1 du Japon
- 5 – Arrivée au couvent de Shibuya (Tôkyô) et visite du temple bouddhiste Sensô-ji
- Conclusion
Ci-dessous mes commentaires
Chapitre 1 – Kyôto
Page 1 – Arrivée au Japon - Durée : 2’30’’
Ce mardi 16 mai 2023, le vol Air France AF0292 m’a déposé à l’aéroport international du Kandai, près d’Osaka vers 1h du matin heure de Paris, 8 h du matin heure du Japon. Je rejoins Kyôto par le train – il vaut mieux prendre le bus en fait. Il fait inhabituellement chaud à cette période de l’année à Kyôto, 30°C.
Après être descendu du bus ligne 7 à l’arrêt de l’hôpital préfectoral de Kyôto, je rejoins la maison Saint-Thomas d’Aquin. Elle est tenue par madame Murakami que vous pouvez voir sur la vidéo. C’est elle qui fait l’accueil pour le parking des frères, et qui assure la cuisine trois jours par semaine. Frère HARADA Masaki m’accueille sur le perron.
Notes
ii gen ki desu ka ? « vous allez bien ? » - o sashi buri desu ne « çà fait longtemps qu’on ne s’est pas vu »
Page 2 – La procession des divinités shintô du quartier - Durée : 4’12’’
Ce dimanche 21 mai 2023, nous accompagnerons l’équipe de bénévoles du quartier qui a pris en charge la procession des palanquins sacrés du sanctuaire shintô Shimogoryô.
Nous rencontrerons Kido Takayoshi (1833-1877), un des acteurs majeurs de la restauration de l’autorité impériale sous l’ère Meiji au XIXe siècle, prélude à la modernisation du pays.
Et nous conclurons la journée en compagnie du frère Masaki dans un petit restaurant bien sympathique.
Notes
– Le shintô est la religion autochtone du Japon, un animisme doublé d’un polythéisme dominé par Amaterasu no ô kami, la divinité féminine du soleil.
– divinité se dit kami en japonais. Il est d’usage d’appeler « sanctuaire » un bâtiment religieux shintô pour le distinguer du « temple » bouddhiste.
Pour mémoire, le bouddhisme est arrivé vers le 6e siècle de l’ère chrétienne au Japon et il a amené la religion autochtone à se penser, s’écrire et se donner un nom : « shintô », la « voie des divinités » littéralement.
– Les divinités du lieu (et/ou du clan) font le tour du propriétaire en palanquin sacré une fois par an, sans doute à la fois pour éloigner les calamités et aussi pour renouer des liens avec leurs obligés et vérifier leur allégeance.
– Au retour dans le sanctuaire, les porteurs du palanquin balancent anarchiquement celui-ci, non par dédain mais par goût de la fête où humains et divinités aiment à rire en racontant des blagues (salaces) et en buvant du sake (alcool, fermenté ou distillé).
Page 3 – Du Pavillon d’argent au Chemin des philosophes - Durée : 5’41’’
Aujourd’hui, nous irons à pied de la maison des frères au Temple du pavillon d’argent bâti en 1482 – Gin kaku ji. La couverture en argent n’a pas été réalisée, contrairement à son homophone à une lettre près, le Temple du pavillon d’or - Kin kaku ji,
Nous nous promènerons ensuite le long du « Chemin des philosophes », ainsi nommé parce que le philosophe Nishida Kitarô (1870-1945) l’empruntait pour méditer.
On devine qu’avec moins de fréquentation, ces deux lieux sont propices à la méditation.
Nous terminerons sur un dîner à la maison avec les frères HARADA Masaki et YONEDA Akio. Frère Yoneda a écrit un livre à succès sur un acteur japonais bien connu dans l’archipel.
Notes
– Vous le vérifierez sur les vidéos, mais il me semble que la visite d’un temple bouddhiste ou d’un sanctuaire shinto commence à partir du moment où l’on franchit le portique (torii) shintô ou la porte (mon) bouddhiste, autrement dit la visite comprend aussi bien l’extérieur que l’intérieur de l’édifice. De fait, je trouve qu’’il y a peu à voir dans l’édifice intérieur qui n’est pas fait pour qu’on y reste : c’est l’ensemble du complexe qui fait sens, extérieur et intérieur. D’où l’importance des jardins dans les temples bouddhistes.
à propos des jardins, ces espaces hyper-travaillés et hyper-symboliques sont censés représenter l’essence de la « nature »,y compris quand ils se donnent sous la forme minérale des jardins secs (kare san sui).
– Si on pouvait se promener dans le Temple du pavillon d’argent dans la solitude et non pas dans la foule comme actuellement, on apprécierait sans doute plus l’harmonie des lieux et on pourrait méditer sur la fragilité des choses à la manière bouddhiste. Il faudrait aussi pouvoir emprunter le Chemin des philosophes seul sans la foule pour apprécier le calme de cette partie de Kyôto longeant les collines est de Kyôto en partie.
Le philosophe Nishida Kitarô (1870-1945) a sans doute pu le faire. Pour mémoire, ce philosophe a bâti une œuvre philosophique empruntant à la fois à la philosophie occidentale et au bouddhisme.
Le fond musical provient d’un extrait de la musique de Shigeru Umebayashi composée pour le film « In the Mood for Love » (2000) de Wong Kar-wai.
– pour aller au temple bouddhiste Gin kaku ji
Chapitre 2 - Ise
Page 4 – Visite du sanctuaire shintô n°1 du Japon - Durée : 7’03’’
Aujourd’hui, nous allons prendre le train pour visiter le sanctuaire d’Ise - Ise jingû en japonais - le sanctuaire le plus élevé dans la hiérarchie shintô. C’est en effet le sanctuaire de la famille impériale, dédié à l’ancêtre céleste, la divinité illuminant le ciel appelée Amaterasu ô mi kami.
Plus précisément, on trouve deux sanctuaires principaux :
– le sanctuaire appelé « sanctuaire intérieur » - naikû en japonais – celui dont nous venons de parler,
– un sanctuaire appelé « sanctuaire extérieur » - gekû en japonais. Le sanctuaire extérieur est dédié à la divinité de la nourriture, au service de la divinité solaire.
Nous visiterons successivement les deux sanctuaires. Nous rendrons compte de l’approche de la dernière enceinte, sachant qu’il est interdit ensuite de filmer ou de photographier dans ladite enceinte. À la fin de la visite du sanctuaire intérieur, un talisman nous surprendra.
Nous aurons passé six heures dans le train, trois heures à l’aller et trois heures au retour, en éprouvant quelques (petites) frayeurs : notre reportage vidéo en rendra compte.
Notes
- Les ablutions rituelles se font dans un bassin où coule de l’eau courante. On s’y lave les mains et la bouche selon un protocole rappelé près du bassin. Il est cependant possible de se purifier dans l’eau de la rivière Isuzu à Ise.
– L’architecture d’Ise se veut proche des origines quand les divinités (kami en japonais) ont créé l’archipel japonais. Les bois ne sont pas peints, les toits sont en chaume et le sanctuaire est construit sur pilotis. On aura reconnu une forme archaïque de maison communale ou de grenier à grains.
– Les sanctuaires intérieur et extérieur sont périodiquement démontés et reconstruits sur la parcelle attenante. Le sanctuaire intérieur d’Ise a été ainsi démonté et reconstruit sur les deux emplacements alternatifs tous les vingt ans avec cependant quelques interruptions.
La reconstruction se fait à partir de la cabane « racine » ou « souche » qui contient un vestige du poteau central du sanctuaire précédent.
Un rituel shintô spécial est pratiqué pour assurer le transfert des objets sacrés de l’ancien sanctuaire au nouveau.
Notons que les bois de l’ancien sanctuaire ne sont pas détruits mais envoyés aux différents sanctuaires shintô du pays.
Le fond musical provient de la vidéo Zangetsu
L’instrument utilisé, le koto, est mentionné dans l’écrit sacré shintô du Kojiki.
Chapitre 3 – Tôkyô
Page 5 – Arrivée au couvent de Shibuya et visite du temple bouddhiste Sensô-ji - Durée : 9’14’’
Aujourd’hui, nous quittons Kyôto pour la capitale actuelle du Japon, Tôkyô. Nous prendrons le train à grande vitesse Shinkansen qui nous emmènera à la gare de Shinagawa où nous prendrons le train circulaire (il fait le tour de Tôkyô) Yamanato-sen jusqu’à la gare de Shibuya. De là, nous irons à pied jusqu’au couvent de Shibuya où nous serons accueillis par les frères KANNO Kôta et SATÔ Ryo Antonio.
Nous repartirons ensuite du couvent pour visiter le temple bouddhiste de Sensô-ji dans le quartier d’Asakusa de Tôkyô (nous pourrions dire simplement le temple de Sensô puisque « ji » signifie « temple » en japonais). Les abords du temple sont bordés d’allées commerçantes très fréquentées, mais nous trouverons le moyen de conclure sur une note religieuse.
Notes
– À propos de la capitale du Japon
Tôkyô n’a pas toujours été la capitale du Japon. Historiquement, la capitale changeait au décès de l’Empereur, jusqu’à ce que ce processus devenu coûteux soit remplacé par une capitale fixe : citons Nara (capitale de 710 à 794), Kyôto (capitale de 794 à 1868) et enfin Tôkyô (anciennement appelé Edo, capitale de 1868 à maintenant).
Il faut superposer à cette dimension géographique entre ouest (Nara et Kyôto) et est (Tokyô) une dimension politique : jusqu’en 1868, l’ouest correspond au temps de la cour impériale et l’est au temps des guerriers, des shôguns, des généralissimes.
Grosso modo, la cour a dominé jusqu’au douzième siècle, avant que les shôguns exercent le pouvoir jusqu’en 1868, date de la « restauration » du pouvoir impérial qui durera jusqu’en 1945 avec la défaite du Japon au cours de la Seconde guerre mondiale : le général Marc-Arthur, surnommé le « shôgun aux yeux bleus », imposera une constitution attribuant une autorité symbolique à l’Empereur,.
– À propos du temple Sensô-ji la capitale du Japon
Le temple de Sensô-ji a été fondé par trois hommes suite à la découverte miraculeuse d’une statue de l’être destiné à l’Éveil (bodhisattva en sanscrit) Kannon par deux d’entre eux. Kannon est la version féminine d’Avalokiteschvara dans le bouddhisme indien.
Très vénérée, selon une de ses représentations, elle était tellement habitée par le désir de sauver tous les êtres du monde de souffrance (samsara en sanscrit), que sa tête est surmontée d’une couronne de dix autres têtes afin de voir et d’entendre dans toutes les directions.
Le fond musical est tiré extrait de la chanson City Girl de Kevin Shields. Elle figure dans la bande son du film “Lost in Translation” (2003) de Sophia Coppola
Conclusion
Alors que le jour de mon retour en France s’approche, je ferme ce carnet de voyage 2023 au Japon avec cette dernière page. Il y aurait encore beaucoup de pages à écrire, mais le temps manque.
précision : les vidéos seront effacées d’Internet le 15 juillet 2023.
Je peux maintenant répondre à la question posée au début du carnet : après quatre années d’absence liées à la pandémie, j’ai retrouvé avec bonheur le Pays du Soleil levant. J’ai aussi repris contact avec les frères dominicains du Japon que je n’avais pas vu depuis longtemps. Sur un plan plus général, grâce à ce voyage, j’ai pu avancer sur la courbe d’apprentissage de l’écriture vidéo et je remercie Arnaud A. qui m’avait donné l’idée d’un carnet de voyage : sa réalisation sur un support vidéo m’a alors semblé évidente.
Pour continuer sur cette même lancée, je remercie les personnes qui ont contribué à ce voyage : merci aux frères du Japon qui m’ont accueilli à Tôkyô et à Kyôto, merci à Olivier et Maki D. qui m’ont reçu chez eux à Kóbe. Merci aussi aux frères de Lille qui ont pallié à mon absence dans les différents services du couvent pendant un mois entier. Et enfin merci à la généreuse mécène qui a financé le voyage.
Et merci à vous pour l’intérêt que vous avez porté à mon propos.
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fr. Franck Guyen op, septembre 2023
© Fr. Franck Guyen op, septembre 2025

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