UN NMR moderne devenu une secte : Aum Shinrikyô
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Table des matières
1§ Aum Shinrikyô fait partie des NMR (Nouveaux mouvements religieux) qualifiés de « sectes » dans son sens négatif par l’opinion publique.
L’opinion publique avait été horrifiée par l’attaque au gaz sarin de 1995 dans le métro de Tôkyô, qui avait fait onze morts et des milliers de blessés, mais cet attentat n’était que le point culminant d’une spirale criminelle qui avait commencé en 1988, comme devait le révéler l’enquête après l’attentat au gaz : le pseudo chef spirituel d’Aum avait fait assassiner en particulier une famille entière, l’avocat de l’ « Association des victimes d’Aum Shinrikyô , SAKAMOTO Tsutsumi, sa femme et leur enfant d’un an.
2§ La sévérité de la justice a été à la hauteur des faits reprochés : treize inculpés ont été condamnés à mort et exécutés en juillet 2018, à savoir le chef du NMR Aum, MATSUMOTO Chizuo, connu sous le nom religieux d’ASAHARA Shôkô, ainsi que ses lieutenants.
3§ Comment en était-on arrivé là ? Qu’est-ce qui a déclenché la spirale meurtrière ? Et comment a-t-elle pu continuer pendant sept ans, de 1988 à 1995, sans être arrêtée par la police ?
1. La trace de sang laissée par Aum
1. Les débuts : 1955 à 1982
4§ MATSUMOTO est né dans l’île de Kyûshû. Atteint d’un glaucome, il devient partiellement aveugle. Exerçant la médecine traditionnelle chinoise et l’acupuncture, il est condamné en 1982 pour vente illégale de médicaments.
2. La formation d’un gourou et de sa cour : 1982 à 1988
5§ En 1984, MATSUMOTO fonde l’association qui deviendra Aum Shinrikyô et prend le nom d’ASAHARA Shôkô. Un magazine spécialisé dans le paranormal publie des photos d’ASAHARA lévitant en position du lotus.
6§ En 1986, ASAHARA prétend avoir reçu en Inde une révélation sur l’apocalypse à venir. Lui seul peut l’empêcher, mais, dit-il, Aum doit réunir trente mille adeptes dans le monde entier. Les plus convaincus de ses adeptes lui abandonnent leurs biens et entrent dans des communautés monastiques d’Aum .
7§ En 1988, comprenant sans doute que son mouvement n’atteindra jamais les trente mille adhérents, – Aum aurait compté au maximum entre 6 000 et 10 000 adhérents au Japon, auxquelles il faut ajouter trente mille personnes en Russie post-soviétique - ASAHARA annonce que l’apocalypse est désormais inévitable et que seuls les membres de son mouvement seront sauvés.
3. La spirale criminelle : 1988-1995
8§ Tout commence avec la mort accidentelle en 1988 d’un adepte pendant une pratique dans le « monastère » de Kamikuishiki à Fujinomiya près du mont Fuji6. Plutôt que de déclarer l’accident à la police, ASAHARA fait disparaître le corps. Un adepte au courant de l’affaire est assassiné l’année suivante en 1989 pour l’empêcher de quitter Aum.
9§ La même année, ASAHARA estimant que l’avocat SAKAMOTO Tsutsumi, président de l’association des victimes d’Aum, devenait une menace [1], l’avait fait assassiner ainsi que sa femme et son enfant. Les assassins avaient ensuite fait disparaître les corps.
La police avait privilégié la thèse de la fugue malgré la découverte d’un badge d’Aum dans l’appartement des SAKOMOTO.
10§ ASAHARA, affirmant que la Troisième Guerre mondiale était imminente, avait demandé à ses lieutenants de produire des armes biologiques, chimiques et nucléaires, dont un gaz de guerre neurotoxique, le gaz sarin.
11§ En juin 1994, le gaz sarin avait été utilisé dans la ville de Matsumoto dans la préfecture de Nagano pour tenter d’assassiner des juges avant qu’ils se prononcent dans une affaire immobilière frauduleuse montée par Aum.
Un camion frigorifique spécialement modifié avait envoyé le gaz vers la maison des juges, mais le gaz, détourné par le vent, avait manqué sa cible, provoquant par contre la mort de huit riverains [2] et faisant 200 blessés.
Là encore la police avait échoué à faire le lien avec Aumet elle avait accusé à tort KÔNO Yoshiyu, dont le stock d’engrais aurait été à l’origine de l’accident.
12§ Aum, sans doute mis en confiance par cette série de crimes impunis, a commis l’erreur d’enlever en plein jour le notaire KARIYA Minoru qui cachait sa sœur fuyant Aum [3] Des passants présents avaient reconnu la camionnette et prévenu la police.
Celleci, faisant le lien avec l’affaire du gaz à Matsumoto, décida de lancer un raid sur Kamikuishiki.
13§ Averti par une fuite, ASAHARA lança une attaque préventive au gaz sarin sur Tôkyô. Les attaques portaient sur trois lignes passant par la station Kasumigaseki de Tôkyô, près de plusieurs ministères.
14§ Le 20 mars 1995, les cinq personnes du commando d’Aum montaient dans des wagons différents. Ils étaient munis de pochettes en plastique contenant le gaz sarin dissous dans une solution volatile : juste avant de sortir du wagon, ils transperçaient la pochette dissimulée dans un journal avec la pointe préalablement aiguisée d’un parapluie.
15§ L’analyse de trois pochettes retrouvées intactes après l’attentat a révélé que le gaz était pur à 35% (contre 70% à Matsumoto) : l’équipe des chimistes d’Aum avait manqué de temps pour produire un gaz plus concentré, ce qui a empêché un bilan plus lourd.
Rappelons que l’attentat de Tôkyô a provoqué la mort de onze personnes et handicapé des milliers d’autres.
16§ L’attentat n’avait pas désorganisé le pays au point d’empêcher le raid sur Kamikuishiki qui eut lieu le 22 mars 1995. La police a évacué par la force les adeptes du monastère mais ASAHARA avait eu le temps de se cacher. Il sera finalement arrêté le 16 mai 1995 après presque deux mois de recherche policière.
17§ Entretemps, le 23 avril 1995, le numéro 2 d’Aum, MURAI Hideo, était assassiné en direct à la télévision. Son assassin, un gangster (yakuza en japonais), appartenait à la plus grande organisation criminelle du Japon, le Yamaguchi gumi. On a spéculé alors sur ce que MURAI aurait pu révéler s’il n’avait pas été tué.
4. Aum après Aum : 1995 à 2018
18§ Comme nous l’avons mentionné en introduction, la justice a condamné à mort treize personnes dont ASAHARA - MATSUMOTO de son nom civil -, condamné à mort en 2004.
Les exécutions ont eu lieu en juillet 2018 [4]
19§ Les vingt-trois années qui séparent l’arrestation d’ASAHARA de son exécution s’expliquent par la longueur de la procédure judiciaire : elle n’a pu être close que lorsque le dernier fugitif, TAKAHASHI Katsuya, a été arrêté en 2012.
20§ En 1997, la Commission d’examen de la sécurité publique rejetait la demande d’interdiction des activités d’Aum, arguant que cette interdiction portait atteinte au nom de la liberté d’opinion garantie par la Constitution.
21§ En 2000, Aum était rebaptisée Aleph. Sa base se trouve à Koshigaya dans la préfecture de Saitama. ALEPH compterait environ 1 650 adhérents dont 650 « moines » en 2018.
22§ Sept ans plus tard, en 2007, l’ancien porte-parole d’Aum, JÔYÛ Fumihiro, quittait Aleph pour fonder le NMR Hirari no wa, avec 57 « moines » et 106 « laïcs » en 2018.
Cinquante dissidents d’Aleph fondent à leur tour en 2012 le NMR Yamadara no shûdan.
22§ Après l’affaire du gaz sarin, une fraction des adeptes d’Aum sont restés dans les trois NMR issus d’Aum.
Les autres ont essayé de reprendre une vie normale, non sans difficulté : ils avaient distendu sinon rompu les liens avec leur famille et leur travail et ils ont dû aussi supporter l’opprobre jetée indistinctement sur les membres d’Aum, alors que seul le premier cercle autour d’ASAHARAétait impliqué dans les crimes, les autres n’étant pas au courant.
24§ En 2015, une des filles d’ASAHARA, MATSUMOTO Reika a écrit un livre intitulé : « La montre s’est arrêtée » [5]. Elle y raconte comment elle a remis en marche une vie passée à l’ombre de son père.
Les enfants d’ASAHARA – ou plutôt de MATSUMOTO, son nom civil – ont été difficilement réintégrés dans la société japonaise : en 1999, la ville d’Odahara avait refusé le placement des deux filles et deux garçons de MATSUMOTO. Suite à un article du 30/5/2002 concernant la seconde fille d’ASAHARA et trois autres femmes, la maison d’édition Shinchôsha est condamnée pour diffamation à un article d’excuses et une amende de 1 300 000 ¥..
2. La chaîne de responsabilité
1. Le cercle vicieux formé par le pseudo maître spirituel et sa cour
25§ ASAHARA a impressionné ses disciples par son charisme personnel - il avait une voix profonde et une présence apaisante, il savait manier l’humour –.
Sa doctrine inspirée du bouddhisme était audible : critiquant une société matérialiste sans âme, ASAHARA prétendait pouvoir faire accéder ses disciples à un niveau de réalité supérieur et des pouvoirs extraordinaires comme la lévitation.
Se présentant comme un Éveillé, un Bouddha, il prétendait absorber le karma négatif d’une personne en lui imposant son pouce sur le front ; l’eau entrée en contact avec son corps était réputée avoir des propriétés miraculeuses, ainsi que son sang.
26§ Empruntant à l’Apocalypse dans la Bible et aux Prophéties de Nostradamus, ASAHARA prétendait avoir reçu des révélations sur la fin du monde de la part d’un mystérieux personnage apparu lors d’un voyage en Inde.
27§ La science-fiction a aussi inspiré ASAHARA qui vendait des casques bardés de fils électriques appelés PSI pour Perfect Salvation Initiation - « initiation parfaite au salut » -. Ces casques étaient censés transmettre les ondes cérébrales d’ASAHARA.
28§ Grâce à ces affirmations extraordinaires, ASAHARA a attiré à lui des étudiants issus de grandes universités ainsi que des cadres supérieurs et des docteurs réputés. Certains d’entre eux sont même entrés dans les communautés monastiques d’Aum en renonçant à leur carrière et à leurs biens : c’est grâce aux scientifiques entrés dans son mouvement qu’ASAHARA pourra développer son programme de gaz toxiques.
29§ Les disciples ont formé avec ASAHARA un cercle vicieux : les disciples étaient gratifiés par les marques d’affection que le pseudo maître spirituel dispensait de manière contrôlée et sélective, tandis que ce dernier se trouvait conforté dans son sentiment de supériorité par l’adhésion inconditionnelle de ses disciples à ses propos.
Le mécanisme était en place, avec le pseudo maître spirituel et sa cour s’auto-entretenant mutuellement dans une dynamique de déconnexion de la réalité et d’auto-persuasion de leur supériorité par rapport aux êtres ordinaires.
30§ Nous voyons ce déni de réalité à l’œuvre lors des élections de 1990 pendant lesquelles le parti Shinritô affilié à Aum avait présenté vingt-cinq candidats.
Lors de la campagne électorale, les candidats du Shinritô habillés en blanc se présentaient sous leur nom religieux, bouddhiste ou hindou, tandis que des danseurs portant des masques à l’image de Ganesh ou d’ASAHARA, chantaient la gloire d’ASAHARA.
Les élections furent sans surprise un échec complet pour Aum : aucun des candidats ne fut élu et le trésorier, OKASAKI Kazuaki, qui avait participé à l’assassinat de la famille SAKAMOTO, en profita pour s’enfuir avec 1,5 millions de dollars.
ASAHARA a expliqué sa défaite par un complot international qui, selon lui, montrait que l’apocalypse, sous la forme d’une Troisième guerre mondiale menée par les États-Unis, approchait.
31§ On retrouve aussi ce déni de réalité quand MATSUMOTO a échoué dans sa tentative de jouer dans la cour des grands NMR, avec Happy Science et Sôka Gakkai en tête. Face à son échec, il a alors tenté de faire assassiner ses rivaux : IKEDA Daisaku de la Sôka gakkai à la fin de l’année 1993 et ÔKAWA Ryûhô de Happy Science début 1995, sans succès.
32§ Cette dynamique de déni de la réalité et d’auto-enfermement dans un discours auto-justificatif explique sans doute que les disciples du premier cercle d’ASAHARA, entrés pourtant dans le mouvement avec des motifs idéalistes, se sont retrouvés à exécuter une famille ou à développer et utiliser un gaz de guerre mortel destiné à tuer des inconnus dans un métro.
33§ Pour ces personnes, le mal apparent qu’ils commettaient était en réalité un bien car il participait de l’affrontement final entre les forces du mal et les forces du bien menées par Aum.
34§ ASAHARA empruntait non seulement à l’imagerie apocalyptique occidentale mais aussi au bouddhisme pour justifier les meurtres : c’étaient d’après lui des actes de compassion qu’il qualifiait de powa, une pratique rituelle du bouddhisme tibétain évitant à un défunt une mauvaise réincarnation.
2. La caisse amplificatrice des média
35§ ASAHARA exposait sa doctrine dans les campus universitaires devant des étudiants attirés par sa notoriété médiatique :
- Le porte-parole d’Aum, JÔYÛ Fumihiro, futur fondateur du NMR Hikari no wa, passait bien auprès des média qui l’invitaient régulièrement ;
- ASHARA lui-même avait été invité en 1991 à une émission grand public avec l’acteur et présentateur vedette KITANO Takeshi. Sa présence charismatique alliée à sa prétention à pouvoir léviter, représentaient un capital pour les média assurées de faire de l’audience avec lui.
36§ ASAHARA, comprenant l’influence des média, avait lancé sa propre maison d’édition, AumPublishing Company. Il y publiera en 1992 le livre intitulé : Declaring Myself the Christ : Disclosing the True Meanings of Jesus Christ’s Gospel, en français : « Je déclare être le Christ – Je révèle la vraie signification de l’Évangile de Jésus Christ ».
37§ Lorsque la police commencera enfin à enquêter sur les odeurs suspectes qui s’échappaient des locaux d’Aum, ASAHARA utilisera les media pour dénoncer de prétendues attaques au gaz lancées contre lui :
- des jeunes femmes d’Aum décrivaient dans des vidéos un hélicoptère tournoyant au-dessus d’elles et lançant des fumées suspectes.
- ASAHARA se présentait de son côté comme l’Agneau injustement persécuté, s’identifiant ainsi à la figure du Christ.
38§ Les media ont joué aussi un rôle dans l’assassinat de la famille SAKOMOTO : en octobre 1989, la chaîne Tokyo Broadcasting System (TBS) avait fait visionner à des représentants d’Aum une interview de SAKAMOTO dans laquelle l’avocat attaquait Aum.
TBS n’avait pas averti SAKAMOTO de ce prévisionnage ; de plus, l’interview ne sera pas diffusée sous la pression d’Aum.
Neuf jours après le prévisionnage, le commando d’Aum assassinait SAKAMOTO Tsutsumi, sa femme et son enfant.
Sept ans plus tard, en avril 1996, TBS reconnaissait sa faute et le 10 avril de la même année, le président de TBS démissionnait.
39§ La police a réagi avec une lenteur critiquable :
- en 1989, elle a privilégié la piste de la fugue lors la disparition inexpliquée de la famille SAKAMOTO ;
- en 1994, elle oriente l’enquête sur l’attaque au gaz de Matsumoto vers la thèse de l’accident, mettant en cause la négligence d’un habitant, KÔNO Yoshiyuki - son nom fuitera dans la presse, provoquant son harcèlement médiatique alors que son épouse, elle-même victime du gaz sarin, devait en mourir en 2008 [6].
40§ Entretemps, des familles se plaignaient de n’avoir aucune nouvelle d’un des leurs dans le monastère, sans qu’il y ait de suite, alors qu’on sait maintenant qu’Aumfaisait disparaître les corps des adeptes décédés pendant des pratiques incontrôlées sans signaler leur mort à la police ; des adeptes qui tentaient de fuir à pied le monastère près du mont Fuji étaient rattrapés et contraints de force à retourner au monastère sans que personne n’intervienne. Tout cela n’attirait apparemment pas l’attention de la police.
41§ On s’étonnera aussi qu’un mouvement religieux ait réussi à monter et faire fonctionner une usine de production de gaz toxique sans qu’aucun fonctionnaire ne pose de question sur le matériel livré, sur les produits utilisés et leur quantité. On pourra se demander comment Aum a eu connaissance du raid de la police sur Kamikuishiki avant son déclenchement : quel était le niveau d’infiltration du mouvement dans les organismes de maintien de l’ordre ?
42§ La lenteur de la police à réagir a été expliquée de diverses manières.
- On a avancé que la police, qui avait persécuté les organisations religieuses non officielles sous le régime militariste ultra-nationaliste d’avant-guerre, craignait de voir resurgir ce passé si elle poursuivait Aum.
- On a aussi relevé le manque de coordination des polices des différentes régions, ce qui a empêché de consolider les informations sur les activités d’Aum.
- Plus fondamentalement, le conformisme japonais (résultant peut-être du carcan du régime shogunal des Tôkugawa) décourage l’initiative individuelle, la base attendant que l’ordre vienne d’en haut. Dans ce contexte, ceux qui ont découvert les discordances entre l’image officielle d’Aum et ses activités troubles n’ont pas tiré la sonnette d’alarme, attendant sans doute qu’un plus gradé le fasse.
Conclusion
43§ MATSUMOTO a produit son cocktail à partir du bouddhisme tibétain, des prophéties de Nostradamus et du christianisme, avec quelques éléments d’hindouisme, tout cela relevé par un discours dualiste opposant la société matérialiste au monde enchanté d’Aum où l’on pouvait léviter. Ce mélange détonant a séduit des étudiants et des professionnels brillants qui ont tout quitté pour le rejoindre.
44§ Le succès d’un tel mouvement nous semble révélateur du malaise de la société japonaise post-moderne : solitude existentielle, vide intérieur, question du sens de la vie. La dérive d’Aum l’a fait basculer dans les faits divers à sensation mais il faut s’interroger sur le fait que des jeunes étudiants promis à des brillantes carrières ont préféré suivre un thaumaturge hâbleur.
45§ Bien que MATSUMOTO ait eu recours aux recettes éprouvées des NMR du Japon :
- cocktail d’influences occidentales (christianisme, occultisme, New Age) et asiatiques (yoga, hindouisme, bouddhisme),
- parti politique et média appartenant au NMR ,
il a échoué à faire d’Aum un NMR reconnu positivement dans la société : Aumest désormais rangé dans la catégorie des sectes au sens négatif du terme où il sert d’épouvantail.
46§ On pourra avoir une pensée pour d’un des lieutenants d’ASAHARA - ou plutôt MATSUMOTO - qui apostrophait ce dernier au tribunal en lui demandant le sens de ce qu’ils avaient fait, sans obtenir de réponse. MATSUMOTO de son côté a fini sa vie emmuré dans le silence.
© fr. Franck Guyen op, mars 2020
Les sources
Aum shinri kyô
- Sylvaine TRINH, Aum Shinrikyô - Secte et violences dans Cultures & Conflits.
- Religious Violence in Contemporary Japan : The Case of Aum Shinrikyo, Ian READER, University of Hawai’I Press, 2000, 304 p.
- David E. Kapla, Andrew Marshall, Aum le culte de la fin du monde - L’incroyable histoire de la secte japonaise, traduit de l’américain par Bernard Blanc, Dominique Lablanche et Yves Sarda, [The Cult at the End of the World - The Terrifying Story of the Aum Doomsday Cult, from the Subways of Tokyo to the Nuclear Arsenals of Russia, Crown Pub, 1996] Albin Michel, 1996, 393 p.
- アットアウム何こう側から見た世界 - 古賀義章 写真・文 - [2015年03月刊行] - 印刷・製本- 萩原印刷株式会社 - KOGA Yoshiaki : photos et texte - Hagiwara éditeur - mars 2015 parution - 213 p.
Japanese Journal of Religious Studies
- 2012 - 39/1 : Benjamin DORMAN - Scholarly Reactions to the Aum and Waco Incidents
- 2012 - 39/1 : Ian READER - Globally Aum - The Aum Affair, Counterterrorism, and Religion
- 2012 - 39/1 : Axel KELIN - Twice Bitten, Once Shy - Religious Organizations and Politics after the Aum Attack
- 2012 - 39/1 : Mark R. MULLINS - The Neo-Nationalist Response to the Aum Crisis - A Return of Civil Religion and Coercion in the Public Sphere ?
- 2012 - 39/1 : Erica BAFFELLI - Hikari no Wa - A New Religion Recovering from Disaster
- Cult attraction : Aum Shinrikyo’s power of persuasion : article en anglais du Japan Time en date du 14 mars 2015
- オウム真理教家族の会 "Association des familles face à Aum Shinrikyô [anciennement オウム真理教被害者の会 Aum Shinrikyo Higaisha no kai "Association des victimes d’Aum Shinrikyô"]
- AUM Shinrikyo at Present : article en anglais de l’avocat Takimoto Taro
- Global Proliferation of Weapons of Mass Destruction - A Case Study on the Aum Shinrikyo -Senate Government Affairs Permanent Subcommittee on Investigations - October 31, 1995 Staff Statement
Videos sur Youtube
- Aum Shinrikyo Cult-Sarin Gas Attacks (Aum Supreme Truth) : documentaire en anglais, deux parties
- Aum Shinrikyo Documentary : documentaire en anglais avec interviews du guru sous-titrées en anglais
- Dr. Robert J. Lifton on Destructive Cults : conférence en anglais du psychiatre Robert J. Lifton
- Sectes tueuses 3/5 : documentaire en français
- Aum Shinrikyo - 60 Minutes Piece With Steve Hassan : documentaire en anglais avec un ancien membre de secte devenu consultant sur les sectes
- Zero Hour- 1995 Tokyo Sarin Gas Attack Documentary : reconstitution de l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tôkyô en 1995 (en anglais)
[1] SAKAMOTO avait découvert un mensonge d’ASAHARA : celui-ci prétendait que son sang était hors du commun comme le prouvait l’analyse faite par l’Université de Kyôto, ce qui lui permettait de le vendre comme un bon moyen d’effacer son karma négatif. SAKAMOTO avait découvert que l’Université de Kyôtô n’avait jamais fait cette analyse.
[2] le huitième ayant décédé en 2008
[3] KARIYA devait décéder des suites des drogues qui lui avaient été injectées afin de le faire parler.
[4] Rappelons que la peine de mort – par pendaison – est toujours en vigueur au Japon où plus de 80 % de la population y est favorable.
[5] 『止まった時計 麻原彰晃の三女・アーチャリーの手記』松本麗華( 講談社)
[6] En 1995, les média présenteront leurs excuses à KÔNO. La police de son côté ne s’est pas excusée d’après ce que nous savons.
