Un NMR moderne : Sôka Gakkai ou le bouddhisme de Nichiren réinterprété
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[Rappelons que nous étudions les NMR (nouveaux mouvements religieux) d’un point de vue sociologique, anthropologique et historique.
Nous excluons tout jugement personnel de valeur sur la vérité du propos du NMR ou sur sa moralité.
– pour le dire autrement, notre démarche se veut neutre et factuelle ; elle ne fait pas intervenir les valeurs « vrai – faux » du point de vue logique, et les valeurs « bon – mauvais » du point de vue éthique.]
Table des matières
- 1. La Sôka Gakkai avec MAKIGUCHI : un mouvement pédagogique bouddhiste
- 2. La Sôka Gakkai avec TODA : un mouvement religieux pacifiste
- 3. La Sôka Gakkai avec IKEDA : un mouvement à visée universelle
- Conclusion – Les deux facettes de Sôka Gakkai
- Annexe – vidéo en anglais de Sôka Gakkai International sur leur pratique religieuse
- Les sources
1£ Le nouveau mouvement religieux (NMR) Sôka Gakkai [1], littéralement « Société d’étude pour la création de valeurs » a d’abord existé sous le nom de « Société d’étude pour la création de valeurs » [2], fondée en 1930 par TODA Jôsei (1900-1958 [3]) et son mentor, MAKIGUCHI Tsunesaburô (1871-1944 [4]).
Après la capitulation sans condition de l’Empire du Japon, TODA donnera son nom définitif au mouvement en 1946.
2£ Le mouvement est actuellement présidé par MINORU Harada, son sixième président. Le troisième président de Sôka Gakkai IKEDA Daisaku [5] né en 1928, demeure néanmoins omniprésent dans les publications du mouvement où il sert d’étendard.
3£ Ce mouvement est né dans une période de rupture : depuis l’ère Meiji en 1868, le Japon s’industrialisait et s’urbanisait, tandis que les anciennes certitudes étaient remises en question par les idées modernes. Le NMR Sôka Gakkai est apparu dans ce contexte : MAKIGUCHI et TODA, tous deux enseignants, prenaient en compte les idées de la pédagogie moderne dans une synthèse idéologique en les alliant avec les valeurs traditionnelles du bouddhisme japonais de Nichiren que nous avons déjà rencontré.
5£ Sur le plan organisationnel, les deux hommes ont mis en place des réunions de conseil périodiques zadankai [6] au niveau des communautés locales. Pendant ces réunions communautaires, les membres exprimaient leur expérience personnelle de la pratique bouddhiste, s’encourageaient mutuellement et étudiaient ensemble.
6£ Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement connaît une première mutation sous la présidence de TODA qui ouvre le mouvement au-delà du cercle des éducateurs, comme en témoigne la suppression du mot « pédagogique » dans le nom du mouvement. En même temps, TODA renforce l’identité religieuse du mouvement en l’affiliant à une des branches monastiques du courant bouddhiste Nichiren.
7£ Sous la présidence d’IKEDA qui succède en 1960 à son mentor TODA décédé en 1958, le mouvement connaît une seconde mutation avec l’ouverture à l’international : IKEDA accentue l’aspect humaniste et universel du mouvement, ce qui l’amène à rompre avec la tutelle monastique. Si la dimension religieuse est minorée, la dimension politique du mouvement s’affirme avec la montée en puissance du parti politique Kômeitô inspiré par le mouvement.
8£ Ces mutations successives rendent complexe l’histoire de la Sôka Gakkai. Celle-ci demeure un sujet incontournable dans l’étude des NMR au Japon, tant par son importance – elle est le deuxième NMR en termes d’adhérents après La Science du Bonheur [7] que par sa notoriété contrastée au Japon où elle suscite des oppositions fortes.
1. La Sôka Gakkai avec MAKIGUCHI : un mouvement pédagogique bouddhiste
9£ MAKIGUCHI, directeur d’école primaire à Tôkyô, veut fonder une pédagogie moderne respectueuse de la personnalité et des droits de l’enfant, mais qui préserve en même temps les droits de la communauté. Avec TODA qu’il a embauché dans son école, il se convertit en 1928 au mouvement bouddhiste de Nichiren, mêlant ainsi dans sa recherche la pédagogie et la religion.
10£ Le 18 novembre 1930, MAKIGUCHI publie le premier volume de la “Théorie pour une pédagogie créatrice de valeurs” Sôka kyôikugaku taikei. La Sôka Gakkai a fait de cette date celle de sa fondation historique.
11£ Dans son livre, MAKIGUCHI définit le bonheur comme le fait de créer des valeurs : le beau et le profitable à la personne – étant entendu que l’être humain ne pouvant être heureux que dans une communauté harmonieuse, ce qui profite à la personne profite aussi à la communauté : il n’y a pas d’opposition entre l’individualisme (moderne) et le communautarisme (traditionnel).
12£ TODA et MAKIGUCHI proposent un modèle d’éducation à contre-courant de l’éducation japonaise au service de l’idéologie militariste ultra-nationaliste de l’époque qui visait à formater des sujets obéissants prêts à se sacrifier pour l’État incarné par un Empereur divinisé [8].
13£ MAKIGUCHI avait refusé d’abriter dans sa maison le talisman du sanctuaire d’Ise dédié à l’ancêtre céleste de la maison impériale. Plus généralement, il avait demandé à ses adhérents de ne pas participer au Shintô d’État [9].
Aussi en mai 1943, MAKIGUCHI et TODA ont-ils été emprisonnés avec vingt de leurs disciples pour crime de lèse-majesté [10].
14£ MAKIGUCHI mourra de malnutrition en prison le 18 novembre 1944, à l’âge de 73 ans. Pendant les interrogatoires, il aurait continué à résister, décrivant l’Empereur du Japon comme une personne ordinaire [11] et non comme la « manifestation sous forme humaine de la divinité » [12] fabriquée par l’idéologie ultra-nationaliste.
2. La Sôka Gakkai avec TODA : un mouvement religieux pacifiste
15£ TODA est libéré de prison en 1945 après la défaite de l’Empire du Japon. Pendant ses deux années de prison, il a étudié le livre fondamental du bouddhisme de Nichiren, le Sutra du Lotus, et pratiqué les rituels de ce courant, ce qui peut expliquer son renforcement de la tonalité religieuse du mouvement.
16£ Le mouvement prend son nom définitif de Soka Gakkai en 1946. L’omission du terme « pédagogique » entérine l’élargissement du mouvement au-delà du milieu éducatif.
17£ Devenu en 1951 [13] le deuxième président du mouvement après MAKIGUCHI, TODA installe le quartier général du mouvement à Shinanomachi dans le quartier de Shinjuku à Tôkyô, où il se trouve encore.
En avril de la même année, il lance le Journal de la Sainte Doctrine [14].
18£ TODA dote la Sôka Gakkai d’une organisation matricielle en croisant l’organisation verticale de la communauté de base zadankai jusqu’au niveau national, avec une organisation par catégorie d’adhérents : jeunesse, profession médicale, etc..
19£ Grâce à son sens organisationnel et entrepreneurial, TODA fait passer le nombre d’affiliations à la Sôka Gakkai de de 3 000 familles adhérentes en 1951 à plus de 750 000 à sa mort le 2 avril 1958 [15].
20£ En 1955, TODA présente des candidats de la Sôka Gakkai aux élections municipales locales. La visée était semble-t-il d’accéder au pouvoir politique par les élections afin de faire du bouddhisme Nichiren la religion d’État [16]. TODA s’inscrivait dans les pas de Nichiren qui, sept siècles plus tôt, avait demandé au Régent d’imposer le Sûtra du Lotus comme seule doctrine bouddhiste sur tout le Japon.
21£ Sans doute du fait de son expérience religieuse en prison, TODA renforce le caractère religieux du mouvement en l’affiliant à la branche Shôshû [17] du courant bouddhiste de Nichiren. En 1952, il fait enregistrer le mouvement comme « personne juridique à caractère religieux [18] ».
22£ TODA positionne la Sôka Gakkai comme un mouvement militant pour la paix dans le monde en appelant au bannissement des armes nucléaires dans son discours du 8 septembre 1957.
23£ La même année, il énonce les « Trois orientations immuables » de la SG [19] :
- croire en la paix et l’harmonie familiales [20]
- croire que tout homme cherche le bonheur [21]
- croire que l’on peut surmonter les difficultés [22]
24£ Notons que les valeurs religieuses ici ne sont pas directement perceptibles, alors qu’on entend les valeurs traditionnelles confucéennes dans la première orientation, alliées aux valeurs modernes de développement personnel des deuxième et troisième orientations. Nous essaierons d’en fournir une explication générale dans la conclusion.
3. La Sôka Gakkai avec IKEDA : un mouvement à visée universelle
24£ Après la mort de son mentor TODA, IKEDA devient en 1960 le troisième président de la Sôka Gakkai à 32 ans. En 1970, dix ans plus tard, le nombre d’affiliés était passé de plus de 750 000 affiliés à 7 500 000. Depuis, le nombre de membres stagne autour de 8 millions au Japon.
L’engagement en politique
Engagement politique sur le plan national
25£ IKEDA continue l’action politique commencée par son prédécesseur en fondant en 1961 un parti politique qui deviendra le « Parti du Gouvernement Éclairé » [23]. En 1964, le Kômeitô obtient 15 sièges parlementaires à la chambre des conseillers et 1236 élus locaux.
26£ Comme le principe de séparation de l’État et de la religion [24] inscrit dans la constitution semblait menacé, la Sôka Gakkai a déclaré renoncer à chercher à faire du bouddhisme Nichiren la religion d’État [25].
27£ En 1971, dans la même optique de reconnaissance de la séparation de la politique et de la religion, la Sôka Gakkai et le Kômeitô annonçaient leur indépendance réciproque :
- pas de communication entre les finances de Sôka Gakkai et celles du Kômeitô,
- démission de son poste officiel à la Sôka Gakkai d’un membre du Kômeitô s’il est élu à une fonction politique
28£ En 2012, le Kômeitô a obtenu 31 sièges à la chambre haute et 19 sièges à la chambre basse et fait partie de la coalition au pouvoir avec Shinzô Abe du PLD (Parti libéral démocrate) [26] comme premier ministre.
Engagement politique sur le plan international
29£ Sur le plan international, IKEDA ouvre la Sôka Gakkai sur le reste du monde.
30£ En 1974, il rencontre personnellement le premier ministre soviétique Alexis Kossyguine à Moscou (Russie) en septembre et en décembre il rencontre le premier ministre Chou en lai à Pékin (Chine).
31£ L’ONU en 1981 a reconnu la Sôka Gakkai comme ONG au sein du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
32£ En parallèle, à partir des années 1960, IKEDA ouvre des implantations à l’étranger en s’appuyant en premier lieu sur les diasporas japonaises (Corée, Brésil États-Unis) et fonde en 1975 SGI (Sôka Gakkai International) qui fédère les organisations nationales. SGI compterait actuellement entre 2 et 4 millions de membres à l’extérieur du Japon [27]. IKEDA est toujours le président de SGI.
L’émancipation de la tutelle monastique
34£ IKEDA a profilé Sôka Gakkai comme un mouvement de promotion de la culture, de l’éducation et de la paix dans le monde. Cela l’a amené à détacher la Sôka Gakkai de la prédication du shakubu [28](« la prédication qui terrasse ses adversaires ») de Nichiren, réinterprétée dans un sens moins agressif.
35£ La tutelle monastique critique cette évolution dans le sens du dialogue plutôt que la confrontation. Nichiren Shôshû aurait par exemple reproché d’avoir joué l’Hymne à la joie de Beethoven (1770-1827) pendant une assemblée de la Sôka Gakkai, à cause de ses références chrétiennes.
36£ Le point de rupture entre le mouvement laïc Sôka Gakkai et la branche monastique est atteint en 1991 lorsque le « patriarche » de Nichiren Shôshû « excommunie [29] » la Sôka Gakkai et SGI.
37£ La Sôka Gakkai, consciente de sa force, a sans doute considéré que la branche monastique, d’instance de tutelle, était devenue au mieux un auxiliaire dans une stratégie dont IKEDA était le seul maître.
38£ S’est alors posée la question de la transmission de « l’Objet fondamental de vénération » [30], le rouleau accordé au nouvel adhérent de Sôka Gakkai, qui était jusque là fourni par la branche monastique.
Le problème a été résolu en 1993 grâce à un autre temple d’obédience nichireniste qui a founi à Sôka Gakkai un autre « Objet de vénération » [31].
39£ Les moines du nouveau temple remplaçaient aussi ceux de Nichiren shôshû dans les services funéraires des membres de Sôka Gakkai.
40£ Au final, le mouvement laïc Sôka Gakkai s’était affranchi de la tutelle religieuse et pouvait désormais mettre en avant les valeurs humanistes et pacifistes sans les subordonner aux valeurs religieuses.
Développement des activités culturelles
41£ La Sôka Gakkai d’IKEDA a développé ses activités dans le domaine culturel et intellectuel.
IKEDA lui-même a rédigé entre 1965 et 1993 un essai intitulé « La révolution humaine » [32] où il définissait la révolution humaine comme la réalisation personnelle de l’état de Bouddha.
42£ La Sôka Gakkai a fondé en 1968 la « Soka junior and senior High school [33] » à Kodaira (Tôkyô), puis en 1971, à Hachiôji (Tôkyô), l’Université Sôka [34] avec la devise : “Découvrez votre propre potentiel” [35]
43£ En 2001, SGI ouvre Soka University of America à Aliso Viejo en Californie.
Conclusion – Les deux facettes de Sôka Gakkai
44£ Selon notre analyse, le fondement de Sôka Gakkai est double : il s’agit de développer le potentiel humain (valeur humaniste) avec comme valeur ultime la nature de Bouddha (valeur religieuse).
Sôka Gakkai joue ainsi sur les deux registres, mettant en avant l’un ou l’autre selon le contexte.
45£ On peut illustrer ce phénomène d’ambivalence avec l’utilisation que fait Sôka Gakkai du concept de la « propagande large » [36].
46£ L’origine du terme est religieuse puisque l’expression figure dans le chapitre 22 en sanscrit, 23 en chinois du Sutra du Lotus. Il s’agit de répandre largement le chapitre – et sans doute plus généralement les enseignements du Sutra du lotus : pendant les cinq cents années de la décadence de la Loi bouddhiste, ils préviendront la vieillesse, la maladie et la mort prématurée.
47£ Or Sôka Gakkai reprend le concept en lui donnant une définition humaniste :
Pour les membres de Sôka Gakkai International, kosen rufu désigne l’effort sans relâche en vue d’augmenter la valeur de la dignité humaine, d’éveiller le sens de leur valeur et de leur potentiel infinis chez toutes les personnes. [37]
48£ Versatilité du discours donc, qui permet de susciter l’intérêt et la sympathie tant pour les personnes en recherche de développement personnel que pour les personnes en quête de transcendance, de spiritualité.
49£ Histoire riche et contrastée d’un mouvement versatile qui a montré sa capacité à s’adapter et à absorber les chocs.
Comme pour les autres NMR, c’est l’avenir qui avèrera la viabilité de la Sôka Gakkai.
© fr. Franck Guyen op, mars 2020
Annexe – vidéo de SGI sur leur pratique religieuse
50£ SGI– Sôka Gakkai International - a posté sur Internet une vidéo en anglais intitulée « Comment psalmodier – Commencer la pratique bouddhiste de Sôga Gakkai International » - en anglais How to chant - Beginning buddhist practice soka Gakkai international
51£ La vidéo rappelle que le but est de devenir Bouddha, devenir un Éveillé. On atteint cet état par l’invocation – le mantra - Namu myô hô ren ge kyô [38]matin et soir devant l’ « Objet fondamental de vénération » [39] enchâssé dans l’autel domestique - un rouleau sur lequel est écrite l’invocation vue plus haut – nous avions parlé de mantra pour l’invocation, on peut parler de mandala pour le rouleau.
52£ La vidéo rappelle que, selon Nichiren (1222-1282), le fondateur de la branche bouddhiste qui porte son nom, la quintessence de la doctrine du Bouddha Sakyamuni se trouve dans les chapitres 2 et 16 du sutra du Lotus [40] ainsi que dans le titre daimoku( [41] en japonais - du Sutra du Lotus, en japonais : « Myô hô ren ge kyô ».[En le précédant de namu , on retrouve le mantra vu plus haut].
53£ L’office appelé gongyô [42] consiste en ces deux pratiques :
- la lecture des deux chapitres 2 et 16 du Sutra du Lotus
- la psalmodie du Daimoku, c’est-à-dire namu myô hô ren ge kyô
© fr. Franck Guyen op, mars 2020
© Fr. Franck Guyen op, février 2025
Les sources
- Dobbelaere, Karel, La Soka Gakkai – un mouvement de laïcs de l’école bouddhiste de Nichiren devient une religion, Elledici, 2001, 103 p.
- Citoyens du monde - Le mouvement bouddhiste Soka Gakkai au Japon, David Machacek et Bryan Wilson ( dir.), traduit de l’anglais par Louis Hourmant et Nathalie Le Bhéver [Global Citizens - The Soka Gakkai Buddhist Movement in the World, Oxford University Press, 2000], L’Harmattan, 2004, 301 p
Librairie Sôka Gakkai de Shinanomachi 信濃町 à Tôkyô : - 牧口 常三郎 ー 創価教育の源流 - Pumpkin Visual Books - 初版発行
: 2001年11月18日 - 13刷発行 : 2013年11月18日 - 出版社: 潮出版社 - ページ数: 106 p - 戸田城聖 偉大なる「師弟」の道 - Pumpkin Visual Books - 初版発行
: 2000年11月18日 - 21発行 : 2011年2月11日 - 出版社: 潮出版社 - ページ数: 106 p - SGI monthly photo magazine, May, 3, Soka Gakkai Day, Path of Mentor and Disciple in the Glorious Month of May, 5 May 2012, The Seikyo Shimbun, 48 p. 「グラフSGI」の5月号 - 創価学会の日 記念特集 ー 師弟の道 ー 「師弟の道 栄光の5月」
[1] 創価学会
[2] Sôka Kyôiku Gakkai
[3] [戸田 城聖 -en datation par ère japonaise, M33-S33 soit trente-troisième année de l’ère Meiji – trente-troisième année de l’ère Shôwa
[4] 牧口 常三郎 M4- S19 soit quatrième année de l’ère Meiji – dix-neuvième année de l’ère Shôwa
[5] 池田 大作
[6] 座談会
[7] sachant que Sôka Gakkai donne des chiffres en terme de nombre de foyers et non d’individus
[8] Comme exemple de la glorification extrême de la figure impériale, citons le nichireniste TANAKA Chigaku 田中智學 (1861–1939) :
« L’empereur du Japon n’est pas seulement un maître de classe internationale dans les domaines littéraires aussi bien que militaires, c’est un Dieu vivant [sans doute arahitogami 現人神 NDLR] qui, par l’exercice de son autorité religieuse immense, domine les idéaux et les croyances du monde entier »
[tiré de l’article en anglais « Tsunesaburo Makiguchi’s View of Religion – A Modern Approach to Nichiren Buddhism (1)" par Koichi Miyata, Soka University dans The Journal of Oriental Studies Vol. 5, 1995 – la traduction est de notre fait].
Pour mémoire, Ishiwara Kanji 石原 莞爾 (1889 – 1949), l’un des responsables de l’occupation du Mandchoukuo par l’armée impériale japonaise e 1931, était un des disciples de Tanaka. -
En réaction à TANAKA, un autre adepte de Nichiren, Mitani, aurait écrit à la même époque :
« Il est rare de rencontrer un exemple de fabrication de l’histoire commanditée par un gouvernement à des universitaires avides de s’attirer les bonnes grâces du pouvoir comme celui que nous observons au Japon. De nos jours, toute personne dotée de la moindre conscience morale ne peut qu’être remplie de honte face à un tel spectacle. L’histoire de notre pays est une histoire vraiment belle et nous devrions être en mesure de la présenter avec fierté aux autres nations. Mais maintenant que nous avons accrédité aveuglément l’idée que notre empereur descend d’une personne descendue du ciel, nos 70 millions de compatriotes doivent supporter sans retour en arrière possible une honte que tous déplorent »
[Ibidem]
On entend la même réprobation dans les propos du chercheur en sciences des religions Joseph M.Kitagawa :
En lisant aujourd’hui les déclarations des dirigeants japonais durant les années 1930 concernant l’institution impériale et cette super-religion qu’était le "shintô d’état" [censé être] non religieux, on se demande comment des hommes très intelligents ont pu proférer ces choses avec tant d’aplomb.
[notre traduction française d’après l’anglais de "Some Reflections on Japanese Religion and Its Relationship to the Imperial System" dans la revue JJapanese Journal of Religious Studies 1990/17, p.164]
[9] 国家神道 kokka shintô
[10] 不敬罪 fukei zai
[11] 凡夫 bon pu
[12] 現人神 arahitogami
[13] S.26 soit la vingt-sixième année de l’ère Shôwa
[14] 聖教新聞 Seikyô shinbun
[15] S.33 soit la trente-troisième année de l’ère Shôwa
[16] propos de Toda d’août 1956 rapporté dans l’article « Did Aum Change Anything ? » de Levi Mc Laughlin publié dans la revue Japanese Journal of Religious Studies de 2012 n°39/1 p.58
[17] 日蓮正宗
[18] 宗教法人 shûkyô hôjin
[19] 「学会永遠の三指針」 Gakkai eien no san shishin
[20] 一家和楽 信心
[21] 各人が幸福をつかむ信心
[22] 難を乗り越える信心
[23] 公明党 Kômeitô
[24] 政教分離 seikyô bunri
[25] renoncement au concept de « l’autel national d’ordination bouddhiste » kokuritsu kaidan 国立戒壇
[26] Jimintô 自民党
[27] Voir Les minorités religieuses en France, Anne-Laure Zwilling (dir.), éditions Bayard, 2019, 1 152 p.
[28] 折伏
[29] 破門 hamon, littéralement « briser la porte », est l’analogue bouddhiste de l’excommunication chrétienne
[30] go honzon 御本尊
[31] Concrètement, les nouveaux membres reçoivent le nouveau rouleau tandis que les membres plus anciens échangent le rouleau de Nichiren Shôshû pour le nouveau rouleau.
De son côté, l’école monastique Nichiren shôshû a prévenu les adhérents de Sôka Gakkai : se défaire de leur rouleau revient à manquer de respect envers le Bouddha ; ceux qui acquièrent le nouveau vont subir des calamités, prédisent-ils.
En 1998 le patriarche de la branche monastique Nichiren shôshû a fait démolir le Tai seki qui avait été construite avec l’aide financière de Sôka Gakkai.
Dans le registre de la petite histoire toujours, signalons que les deux parties ont lancé à l’époque des campagnes de dénigrement peu dignes
[32] 『人間革命』 ningen kakumei
[33] 創価中学校
[34] 創価大学 Sôka daigaku
[35] en japonais : 自分力の発見 jibun ryoku no hakken.
L’université Sôka décline l’esprit qui a présidé à sa fondation en trois points :
- 人間教育の最高学府たれ Be the highest seat of learning for humanistic education « Constituer l’académie universitaire la plus élevée dans le domaine de l’éducation humaniste »
- 新しき大文化建設の揺籃たれ Be the cradle of a new culture Devenir le berceau de la formation d’une nouvelle grande culture »
- 人類の平和を守るフォートレス(要塞)たれ Be a fortress for the peace of human kind « Devenir la forteresse qui abrite la paix pour l’humanité »
la traduction en français est de notre fait.
[36] kôsen rufu 広宣流布
[37] Nous traduisons du site en anglais
[38] 「南無妙法蓮華経」
[39] 御本尊 gohonzon
[40] Voir la traduction en français par Eugène Burnouf à partir de l’original indien de ces deux chapitres :
- chap. 2 : 方便品 hôben L’habilité dans l’emploi des moyens
- chap. 16 (chap. 15 dans la version sanskrite) : 如来寿量品 nyorai jûryô La longévité de l’Ainsi-venu
[41] 題目
[42] 勤行

